L’orchestre sous la baguette du jeune et talentueux Swann Van Rechem

Samedi 10 janvier 2026, 16h00, Opéra de Marseille
Concert du Nouvel An – Orchestre Philharmonique de Marseille
Swann Van Rechem, direction musicale. Carlos Martin Esteve, basson
Frederick Loewe : My Fair Lady, Ouverture. Emmanuel Chabrier : Le Roi malgré lui – Fête Polonaise (acte II). Johann Strauss II : Künstlerleben. Igor Stravinsky : Suite n° 2 pour petit orchestre. Carl Maria Von Weber : Andante e Rondo Ungarese pour basson et orchestre, op. 35. Anton Dvořák : Danse slave n° 2, op. 72. Manuel De Falla : El Sombrero des tres picos, Suite n° 2, Danza de los vecinos, Danza del Molinero. Johann Strauss II : Rosen aus dem Süden.
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Le jeune (25 ans) chef lillois Swann Van Rechem est en première venue sur la scène phocéenne et il faut dire qu’il fait forte impression au cours de ce concert du Nouvel An. Certes, l’Orchestre Philharmonique de Marseille a fait des progrès considérables ces dernières années, devenant certainement l’une des meilleures phalanges actuelles de l’Hexagone, mais le geste ferme et précis du chef, ainsi que son enthousiasme, participent à la haute qualité du concert.
Après la musique fort romantique, voire sirupeuse par instants, de l’Ouverture de My Fair Lady, on passe à un extrait du Roi malgré lui d’Emmanuel Chabrier, opéra malheureusement trop peu donné et pourtant une véritable pépite ! On y admire l’orchestration, à la manière d’imitation de valse pour cette Fête Polonaise, alternant entre musique de grande ampleur et silences intercalés dans les tempi.
Bien en ligne avec un concert viennois du Nouvel An, la valse de Strauss Künstlerleben est légère comme une plume dans les moments les plus doux, et sinon dansante et virevoltante comme lors d’un bal qui serait donné au château de Schönbrunn.

Jouée en plus petit effectif, la Suite n° 2 d’Igor Stravinsky est une pièce très humoristique, aux accords grinçants, parfois dissonants, qui se moque d’ailleurs des concerts du Nouvel An. L’orchestre s’y montre très précis, surtout du point de vue rythmique lorsqu’on connaît les difficultés généralement liées aux compositions de Stravinsky.
L’opus de Carl Maria Von Weber qui suit, compositeur dont on marque en 2026 le bicentenaire de sa disparition, est une forme de court concerto pour basson, où l’instrument est sollicité dans toute sa technique. Le bassoniste solo de l’Orchestre Philharmonique de Marseille Carlos Martin Esteve développe un long souffle pour interpréter, avec un legato bienvenu, les passages les plus élégiaques du morceau, ainsi qu’une folle virtuosité pour le finale, d’une extrême rapidité.
On continue le voyage européen, avec une Danse slave d’Anton Dvořák, orchestrée d’après un chant ukrainien assez mélancolique. Manuel De Falla met ensuite le cap plus au sud, avec des extraits du ballet El Sombrero des tres picos (Le Tricorne) ; l’ambiance devient très clairement espagnole et l’orchestre y met du brillant.

Retour enfin à Vienne et son meilleur représentant Johann Strauss fils : Rosen aus dem Süden est une valse dans la pure tradition, entre doux et tendres passages aux pizzicati précis et séquences plus éclatantes, où l’orchestre donne du volume, de l’ampleur, une belle allure en somme. En bis sans doute très attendu, la fameuse Marche de Radetzky, de la main de Johann Strauss père cette fois, donne l’occasion au public marseillais de s’exprimer par les claquements de main, en rythme avec les musiciens sur le plateau – clin d’œil au concert homonyme du 1er janvier à Vienne -… une belle et joyeuse façon de démarrer la nouvelle année !
F.J. © F.J.
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