Un Barbier, à Avignon, Perruchon/Robert (19-5-2018)

Le CFPL rajeunit Le Barbier : jubilatoire !

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Un Barbier. D’après l’opéra Il Barbiere di Siviglia de Gioacchino Rossini. Opéra Confluence, Avignon (samedi 19 mai 2018, 17h, séances scolaires les jours précédents)

Opéra chanté en français. Durée du spectacle 1h10

Direction musicale, Adrien Perruchon. Adaptation et traduction, Gilles Rico. Mise en scène Damien Robert. Scénographie, Thibault Sinay. Costumes, Irène Bernaud. Lumières, Samaël Steiner

Rosine, Valentine Lemercier

Figaro, Mathieu Gardon ; Almaviva, Pierre-Emmanuel Roubet ; Bartolo, Thibault de Damas ; Don Basile, Olivier Dejean

Orchestre Régional Avignon Provence (1ers violons, Anne-Flore Krumeich, Sylvie Bonnay, Cécile De Rocca-Serra, Jeanne Maizoué, Corinne Puel, Marc Aidinian, Stéphanie Martin ; 2nds violons, Gabriella Kovacs, Patricia Chaylade, Bo Xiang, Nathalie Caulier, Natalia Madera, Juliette Nougué ; alti, Fabrice Durand, Louise Mercier, Michel Tiertant, Laurence Vergez ; violoncelles, Nicolas Paul, Emmanuel Lécureuil, Jean-Christophe Bassou, Etienne Beauny ; contrebasses, Frédéric Béthune, Jean-Claude Galigné ; flûtes, Yaeram Park, Nicole Gonin-Libraire ; hautbois, Frédérique Costantini ; clarinettes, François Slusznis, Didier Breuque ; bassons, Arnaud Coic, Pascal Chabaud ; cors, Gaëlle Claudin, Thomas Breuque ; trompettes, Thierry Aubier, Alain Longearet ; timbales, Hervé Catil

Coproduction Théâtre des Champs-Elysées, Opéra Grand Avignon, Opéra Municipal de Marseille, Théâtre de l’Odéon, Opéra Orchestre National de Montpellier Occitanie, Opéra Nice Côte d’Azur, Opéra de Reims, Opéra de Rouen Normandie, Opéra de Toulon Provence Méditerranée, Opéra de Vichy.

Avec la participation du Centre Français de Promotion Lyrique (CFPL). Avec le soutien du Mécénat de la Caisse des Dépôts

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Argument & note d’intention

Dans le genre opéra, Il Barbiere di Siviglia est un pur chef-d’œuvre du répertoire. Une jeune équipe s’empare de l’œuvre pour en imaginer une version « allégée » et en français afin que le jeune public puisse peut-être pour la première fois aborder le genre opéra avec des références dont il pourra se sentir proche. Pour cela le dramaturge Gilles Rico a signé une adaptation et une traduction du livret en lui conservant pleinement sa part de comédie.

Avec le metteur en scène Damien Robert, ils convoquent sur scène une imagerie pop, moderne et expressive, soutenue par le rythme sans relâche de la passion amoureuse. Tout en s’amusant des codes de l’opéra (qui parfois détournés restent néanmoins au cœur de leur travail), ils entraînent leur public dans une autre dimension ludique où la trame narrative est pour tous d’emblée identifiable. Un astucieux dispositif scénique permettra de voir se succéder les situations et accompagnera par son déploiement dans l’espace cette quête de liberté à laquelle aspire la jeune Rosine.

Tout est ainsi réuni pour que le jeune public goûte pleinement aux charmes du genre opéra en adhérant à une lecture moderne qui lui est spécialement destinée.

Note d’intention

A la recherche du bonheur et de l’amour.

Le rapport amoureux est l’une des trames principales de cette œuvre, et deux façons d’aimer s’y opposent : celle des jeunes amoureux, fougueux et passionnés et celle du docteur Bartolo, rationnel et scientifique. Il est pour nous, très important de creuser cette idée, et c’est pour ce fait que nous nous amusons à décliner, graphiquement, le motif du cœur afin de jouer avec ses sens multiples.

La comédie au service de l’opéra.

En tant qu’opéra-bouffe à l’intention d’un jeune public, notre envie est de monter Le Barbier de Séville en assumant pleinement sa part de comédie. Pour cela nous convoquons une imagerie pop, moderne et expressive, emprunt du théâtre d’objet et du cinéma d’animation. Figaro est typiquement ce genre de figure. En pleine conscience avec le spectateur (factotum de la ville et du théâtre), il devient le magicien de cette intrigue. Tel un renard de dessin animé, il tire les ficelles et triomphe à la fin. Vagabon-bohème sorti d’un conte, il circule sur son triporteur de barbier qui lui sert de valise, de maison ambulante et d’outil de travail.

C’est en jouant avec les échelles de grandeur, en contrastant les univers des personnages (jeunesse volubile sur fond de papier peint de salle d’attente interminable) ou en s’amusant des codes de l’opéra que nous arriverons à mettre en perspective les enjeux de cette histoire et permettre au grand public d’en prendre partie.

Une maison de poupée

Le cabinet du docteur Bartolo (que nous imaginons « éminent cardiologue »), telle une maison de poupée dans laquelle il aurait enfermé sa pupille, pourra se retourner, s’ouvrir, se déconstruire et se déplier à la manière d’un pop-up jusqu’à ses murs qui cachent, eux aussi, de multiples secrets, secrétaires, portes dérobées et trappes mystérieuses.

Au début, Rosine est cloîtrée dans sa chambre, femme-poupée objectifiée à l’extrême par son tuteur et étouffée par ses peluches (cadeaux oppressants). Elle a peine à échapper à la surveillance constante du docteur (dont un portrait peint sur les murs de sa chambre la regarde même pendant son absence). A l’image de cette jeune fille aspirant à une liberté totale, le décor va, au fur et à mesure de l’action, s’ouvrir sur l’extérieur, s’éclater et ainsi, librement, prendre tout l’espace à sa disposition.

L’orchestre

L’intérêt de cet espace est aussi de donner une vraie place à l’orchestre – le sixième personnage- qui est le premier à entrer sur scène. Dès l’allegro vivo de l’ouverture, une camionnette miniature circule sur l’avant-scène et, par jeu de lumière, devient en taille réelle, le véhicule des musiciens (sorte de music-truck) garé sur la place du village. C’est Amalviva qui les a fait venir et les paye afin d’accompagner musicalement son Ecco ridente in cielo à l’intention de Rosine.

Dès l’origine, la comédie de Beaumarchais est marquée par la présence de la musique dans l’intrigue (avec les sérénades du comte et la leçon de chant).

Mais ici dans le Barbier de Rossini, la musique va devenir un des plus importants protagonistes, que l’on retrouvera de scène en scène. Chacun de ces moments doit devenir un moment de jeu et de connivence entre les différents chanteurs, le chef et ses musiciens. Ils deviennent à la fois confidents, témoins et complices des stratagèmes de Figaro.

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C’est bien Le Barbier de Rossini, mais ju-bi-la-toi-re-ment relooké !

Raccourci, chanté en français (dans une traduction aussi musicale que l’italien), et par une joyeuse équipe de jeunes artistes, Un Barbier est directement inspiré de l’opéra Il Barbiere di Siviglia. L’Odéon de Marseille avait programmé opportunément cette version « jeune » quelques jours avant la version rossinienne à l’Opéra de la même ville. C’est un projet du CFPL (Centre Français de Promotion Lyrique), au même titre que Le Voyage à Reims ou Les Caprices de Marianne, qui avaient déjà remporté dans les années précédentes, à Avignon et dans les autres maisons d’opéra coproductrices, un succès mérité. Invitez vos enfants, vos voisins, vos amis : les plus jeunes vont découvrir une comédie allègrement menée, les mélomanes se régaleront d’une histoire d’amour légère et fidèlement rossinienne, et les lyricophiles n’en reviendront pas d’être totalement séduits par cette version pop et colorée, bondissante et ludique, d’excellente qualité, signée Damien Robert. Neuf maisons d’opéra en France ont uni leurs moyens, leurs compétences et leur enthousiasme, pour une production entièrement nouvelle et dont on continuera à parler… A l’Odéon de Marseille en février, le rôle-titre était tenu en alternance par Anas Seguin et Mathieu Gardon ; nous avons vu l’un à Marseille, nous verrons l’autre à Avignon. (G.ad. Photos Marseille, Marion Kerno)