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« Corps au bout du monde ». Manufacture. Off Avignon 2024

 

Un corps sans pensée, sans limite, sans peur … vraiment ?

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La Manufacture Château St Chamand, Avignon, 16h45, 2h (trajets compris). 4 au 21 juillet, relâche les 9, 10, 16 et 17 juillet. A partir de 14 ans.

En décrivant le cocktail (explosif) du sport à haut niveau, Marion Rothhaar, qui a écrit cette pièce, attire l’attention sur le fait qu’il doit rester un plaisir et non une souffrance. Les différents tableaux qui exposent certains moments de la vie et des entraînements des athlètes soulignent les humiliations, la souffrance, l’abnégation, les violences morales et physiques.

Ce spectacle soulève chez le spectateur un certain nombre de questions : jusqu’où le sport peut-il être source de plaisir ? Est-ce que les jeunes enfants doivent accepter toutes ces souffrances et humiliations qui meurtrissent le corps et l’esprit ? Quelle charge mentale doit être celle de l’athlète ? Est-il nécessaire de quitter sa famille et d’aller au bout du monde s’entraîner ? Doit-on être réduit à l’état d’un corps ? Est-ce que la performance justifie l’écrasement de l’individu ?

Décor sobre dans lequel évoluent deux personnages principaux, ensemble, et qui ne peuvent exister l’un sans l’autre : le coach et l’athlète. Marion Rothhaar (ex-gymnaste de l’équipe allemande qui a participé aux JO de Séoul) incarne à la fois le rôle de l’entraîneur impitoyable mais aussi son propre rôle en flash-back. Quant à Rahel Johanna Jankowski, elle réalise une très belle performance en endossant avec conviction et compétence le rôle de l’athlète (gymnaste de gymnastique rythmique et sportive), écartelée entre volonté de faire des performances, de faire plaisir à son coach, de ne pas grossir (la tyrannie de la balance plusieurs fois par jour…), et surtout ne pas être supplantée par plus jeune qu’elle. Le chronomètre et la balance rythment son quotidien. Mais quoi qu’il arrive, ne pas oublier qu’il faut sourire !

Si Marion dépeint la volonté de tout arrêter qui fut la sienne à un moment donné, elle ne condamne pas les sportifs. Elle rappelle les devoirs de chaque sportif (le droit d’arrêter, de jouer, de choisir son rythme, de souffler, de dire non par exemple). Elle essaie plutôt de décrier le système impitoyable, à commencer par ce qu’affirme la devise des JO (« Citius, Altius, Fortius », « plus vite, plus haut, plus fort »), qui pousse chaque athlète à se dépasser, à être le meilleur, sans écouter son corps. Pour elle, qui est maintenant devenue metteuse en scène et dramaturge, le sport doit être et rester un plaisir, non une souffrance, pour le corps… et l’esprit ! L’analyse repose sur des mots justes et sans appel, même si l’empathie pour ces sportifs pointe inévitablement à l’arrière-plan.

La mise en scène allie beauté et souffrance, mais de façon poétique… et le spectateur, comme l’athlète, oscille constamment entre les deux.

Le collectif luxembourgeois MASKéNADA cherche de surcroît à intégrer dans chaque représentation de cette pièce une gymnaste professionnelle (parfois locale) pour montrer un enchaînement de GRS, résultat de tant d’années d’entraînements et d’efforts. Durant ce festival, c’est une gymnaste ukrainienne, Mariia Iezhemenska, le 3e personnage de cette pièce, qui a réellement concouru à haut niveau mais qui aujourd’hui (à 19 ans !), n’est déjà plus active dans la compétition et est devenue coach sportive.

En cette année olympique, cette réflexion est plus que jamais d’actualité et nous offre une belle caisse de résonance.

Christèle. Photo Daniel Jarosch

 

« Avis de recherche ». Roi René. Off Avignon 2024

 

Un Corneille totalement déjanté ; il faut accepter de jouer le jeu !

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Théâtre du Roi René, 14h00, durée : 1h30. Du 3 au 21 juillet, relâche les 8 et 15 juillet. Réservations au 04 90 85 37 48 ou 09 81 00 37 48

Avec ce spectacle, nous sommes dans la grande tradition de ce que font les Moutons noirs, cette compagnie qui aime partir des classiques mais en se les réappropriant et en les amenant dans un univers inattendu et souvent déjanté. Pour apprécier ce spectacle, il faut aimer ce type d’humour caricatural ; si c’est le cas vous allez vous régaler, sinon mieux vaut vous abstenir. Tout part du texte de Corneille l’Illusion comique, mais Axel Drhey et Yannick Laubin le transforment en une émission télévisée : Avis de recherche. On ne comprend pas comment c’est possible et pourtant cela fonctionne, les vers de Corneille trouvent leur place dans cet univers. Pridamant vient à cette émission pour retrouver son fils qu’il n’a pas vu depuis dix ans et le magicien devient le présentateur télé qui lui montre des images de son fils pendant ces années.

Dès notre entrée nous sommes plongés dans l’univers du show télévisé, dans tous ses excès, nous sommes le public venu assister à cette émission, on nous met en condition, on nous explique qu’il faut applaudir quand cela s’affiche à l’écran, même chose pour le rire et l’émotion. C’est cocasse et pourtant chacun s’exécute. Le présentateur, incarné superbement par Grégoy Corre, est odieux et détestable, et cela contribue au plaisir de l’ensemble. Bertrand Saunier est un adorable Prindamant, tellement démuni que l’on n’a qu’une envie, l’aider. Le théâtre dans le théâtre, principe même de la pièce de Corneille, est remplacé par du cinéma dans le cinéma, avec là encore une part belle donnée à la caricature et à l’absurde. Les effets spéciaux et retournements de situation s’enchaînent et l’on s’étonne à chaque fois de l’inventivité toujours renouvelée.

Une pièce que l’on va adorer ou détester selon si on aime cet humour ou non. Une pièce à ne pas voir pour y retrouver le classicisme de Corneille, mais pour délirer autour de la télé-réalité.

Sandrine. Photo Lucie Lesbats/ Le Cube-Garge

« Classement sans suite ». Luna. Off Avignon 2024

 

Etonnant, mais finalement percutant sur les violences sexuelles

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Théâtre La Luna, 18h30, durée : 1h10. Du 3 au 21 juillet, relâche les 4, 11 et 18 juillet. Réservations au 04 12 29 01 24

         Cette pièce joue des codes du théâtre car, dès le début, un lien très spécifique est créé avec le public : la troupe de comédiens explique ce qu’elle va faire dans ce spectacle et comment elle va procéder. Etrange ! On n’aura plus rien à découvrir ! Chaque acteur exprimera ses doutes par rapport aux choix faits, mais aussi ses réflexions sur la manière de traiter le sujet si complexe des violences sexuelles et sur le rôle donné à chacun. Tout bien pesé, au lieu de couper le rythme de la pièce, cela permet au contraire de rendre encore plus sensible le propos, plus touchant, et provoque en chaque spectateur une réflexion plus profonde.

Chaque acteur va donc interpréter avec force un rôle symbolique dans ce parcours si complexe et douloureux des victimes de violences sexuelles. L’un sera la victime, toutes les victimes, du très jeune garçon, à l’épouse ou encore à la prostituée. Un autre sera l’agresseur et on nous montrera à quel point, il n’y a pas qu’un seul type d’agresseur. Un autre encore sera l’entourage, tantôt réconfortant, tantôt stigmatisant. Un autre sera les institutions judiciaires, dans toute leur complexité et leur lourdeur, avec des gens sensibles et investis et d’autres au contraire distants voire méprisants. Le dernier rôle enfin est celui des associations, celui qui sera le plus dans la sensibilité, dans l’accompagnement, même si parfois on se dit que le discours est peut-être un peu trop partisan et simpliste.

Les décors sont simples : des tables et chaises que l’on déplace pour créer des espaces et des lieux. Les costumes prennent de l’importance car ils sont représentatifs des rôles.

Une pièce qui traite avec beaucoup de sensibilité ce sujet si lourd des violences sexuelles. Une pièce qui se veut une véritable réflexion sur le rôle de chacun et sur le rôle que chacun d’entre nous peut et doit jouer dans de telles circonstances. Une pièce nécessaire avec un rappel glaçant du nombre de plaintes et du nombre de classements sans suite de celles-ci.

Sandrine. Photo Jérémy Pletinckx

« Des pivoines du Japon ». Scala Provence. Off Avignon 2024

 

Jeux de miroirs

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Théâtre La Scala Provence, 21h15, durée : 1h20. Du 29 juin au 21 juillet, relâche les 8 et 15 juillet. Réservations au 04 65 00 00 90

Cette pièce d’Emmanuel Robert-Espalieu est une réflexion sensible et douce sur ce qu’est le couple, sur les difficultés de le construire pour qu’il dure mais aussi et surtout une réflexion sur la manière de survivre au deuil et de réussir à se reconstruire et à construire une nouvelle vie alors que l’on a perdu l’amour de sa vie.

Nous suivons un homme et une femme qui s’interrogent sur ce qu’est le couple, qui ont peur de ce que leur couple pourrait devenir et en même temps qui finissent par accepter de faire le premier pas, celui de la rencontre. Une rencontre dont ils n’ont pas la même version et la même perception, ce qui ménage l’intérêt et les effets de surprise. Une rencontre qui se passe pourtant à merveille au point qu’ils sortent sûrs de leur amour et d’être faits l’un pour l’autre, mais le drame arrive car la femme meurt renversée par une voiture. Difficile ensuite pour l’homme de construire réellement une nouvelle vie avec quelqu’un sans la comparer, sans parler de cette souffrance qui l’habite.

La mise en scène de Fabio Marra est ingénieuse et sensible. Des miroirs se trouvent sur la scène et le public se reflète dedans, comme si nous étions chacun partie prenante de ces échanges. Ces miroirs s’ouvrent et laissent de nouveaux espaces de jeu. Au début, une fleur rouge, une pivoine orne le plateau, elle s’ouvre et devient une sorte d’accordéon rouge qui devient lui-même siège. Les comédiens, Marion Christmann, Gaël Cottat, incarnent avec beaucoup de sensibilité ces personnages plein de doutes, en quête d’amour, de rêves mais qui doivent composer avec l’absence.

Une pièce pleine de douceur qui résonnera au cœur de chacun tant les sujets abordés sont universels que ce soit l’amour ou le deuil.

Sandrine. Photo Thomas O Brien

« Jean Zay, l’homme complet ». Épiscène. Off Avignon 2024

 

Démarrage un peu lent avant que n’apparaisse le sens de l’histoire

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Théâtre Épiscène, 11h30, durée : 1h15. Du 3 au 21 juillet, relâche les 8 et 15 juillet. Réservations au 04 90 01 90 54

Jean Zay, incarné par Xavier Béja, nous raconte lui-même une partie de sa vie : son emprisonnement et sa souffrance de vivre celui-ci, surtout son incompréhension sur les motifs de cette incarcération. Nous vivons d’abord le récit de cet enfermement et de ces transferts d’une prison à l’autre, et ce n’est que plus tard qu’il reviendra de manière rétrospective sur ce qui lui est arrivé. Mais aussi sur son rôle de ministre de l’Éducation nationale du gouvernement du Front populaire. Il est dommage que l’on ne revienne pas tout de suite sur le rôle essentiel de cet homme qui est au final si peu connu, cela aurait pu donner une autre dimension dès le début à cette histoire. Le récit de ses souffrances se fait un peu long, avant que l’on ne revienne sur l’importance de Jean Zay dans l’histoire de France, ce qui en fait avait poqué notre curiosité.

La pièce finira tout de même par y venir avec des projections d’images d’archives très intéressantes. On mettra en avant la judéité de cet homme – peut-être la cause de son emprisonnement ? -, l’incarcération et même l’assassinat si énigmatique. C’est là encore par une projection bien trouvée, nous racontant la fin de sa vie, que nous le découvrons.

L’acteur incarne très bien son personnage, nous vivons avec lui toutes les émotions que l’on peut ressentir dans telles situations. Mais le personnage sait aussi dépasser ce contexte, et trouver un peu de sens pour surmonter ce qu’il vit : cultiver un jardin, lire, écrire un roman policier, quitte à s’attirer une surveillance accrue.

Une très belle interprétation de ce rôle, une découverte d’un homme à qui il faut rendre hommage pour son engagement, un homme qui mérite d’être mieux connu et cette pièce le fait de manière sensible.

Sandrine. Photo David Ruellan

« La Fleur au fusil ». Brunes. Off Avignon 2024

 

Pour le 50e anniversaire de la Révolution des oeillets

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Théâtre des Brunes, 19h35, durée : 1h15. Du 3 au 21 juillet, relâche les 8 et 15 juillet. Réservations au 04 84 36 00 37

 La pièce s’ouvre par un échange entre son petit-fils et sa grand-mère, Céleste, réfugiée portugaise en France.  Lors de cet échange, il découvre qu’il ne connaît rien d’elle, de son passé et des souffrances qu’elle a pu vivre. Elle va alors nous raconter sa jeunesse, tout ce qu’elle a souffert sous la dictature de Salazar -la plus longue d’Europe – mais aussi son implication lors de la révolution des œillets, cette union d’un peuple pour obtenir la démocratie, n’hésitant pas à descendre tous dans la rue, une fleur au fusil pour montrer la volonté de non-violence.

Cette pièce est un seul en scène, brillamment écrit et interprété par Lionel Cecilio. Il joue tous les rôles avec beaucoup de talent, passant avec fluidité de l’un à l’autre en adoptant des tonalités et des gestuelles différentes. Aucun décor hormis une chaise ; tout repose sur la capacité d’interprétation du comédien, et voilà que la magie du théâtre opère, nous partons avec lui au Portugal à cette époque si dure. L’emploi du portugais par moments, que ce soit dans les paroles ou les chansons, permet cette immersion dans ce pays.

Nous découvrons cette période de l’histoire lusitanienne si peu connue en France, nous ressentons toutes les douleurs et les souffrances de cette grand-mère, torturée parce qu’engagée avec d’autres dans un combat pour la liberté de son pays. Nous pénétrons au cœur de cet engagement et de cette révolution si particulière car marquée, aux yeux mêmes de l’histoire, au sceau des fleurs. Nous rions parfois, mais nous sommes souvent pris par d’intenses émotions.

La mise en scène de Jean-Philippe Daguerre est très dynamique et joue de l’alternance de moments de tensions et d’autres plus calmes et plus sensibles. Les jeux de lumière renforcent l’intensité des moments vécus.

Un grand moment de théâtre qui nous plonge au cœur d’un combat difficile mais réussi pour la liberté, un très bel hommage rendu, pour le cinquantième anniversaire de cette révolution, à ces hommes et femmes engagés.

Sandrine. Photo Grégoire Matzneff

« La Raison du plus fou ». Luna. Off Avignon 2024

 

Au pays de l’Encyclopédie, échec et mat ?

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Théâtre La Luna, 11h11, durée : 1h15. Du 29 juin au 21 juillet, relâche les 4 et 11 juillet. Réservations au 04 12 29 01 24

         Avec une rencontre entre Diderot et Rousseau, nous nous attendons donc à quelque chose de très sérieux et philosophique. Bien sûr cette pièce de Franck Mercadal abordera des sujets sérieux : l’Encyclopédie, les oppositions idéologiques entre Diderot et Rousseau, les combats des philosophes des Lumières… Mais cette pièce, et c’est là sa grande qualité, sera aussi très drôle, remplie d’humour car elle joue des codes du théâtre tout du long et sait ainsi piquer sans cesse l’intérêt.

Les comédiens sont très talentueux. Franck Mercadal joue habilement de la connivence avec le public à qui il veut tout expliquer, que ce soit certains concepts philosophiques ou la situation historique de l’époque. Il interrompt le cours de la pièce pour le faire, il le fait souvent, trop souvent, cela provoque la colère de son comparse (Grégory Baquet), mais il met le public dans sa poche !

La mise en scène est originale : tout se déroule autour d’une table sur laquelle est posé un grand jeu d’échecs mais dont tous les pions sont blancs. Nous assisterons à une véritable partie d’échecs avec un enjeu de taille : la publication ou non des Confessions de Rousseau dans lesquelles il règle ses comptes avec les philosophes, en particulier avec Diderot. Mais lors de ce duel tous les coups sont vraiment permis, tout est fait pour déstabiliser l’adversaire, et le public est une fois de plus complice des coups les plus bas qu’il voit se jouer devant lui. Les costumes sont d’époque et sont vraiment très beaux.

Une pièce originale qui joue sur les codes du théâtre, qui perturbe nos habitudes et nos représentations et qui par là même est particulièrement distrayante, tout en nous en apprenant beaucoup sur cette rencontre entre deux des plus grands philosophes français et de leur relation. Un excellent moment, une pièce à voir pour s’instruire et s’amuser.

Sandrine. Photo B. Zugaj

« Les Dissidentes ». Palace. Off Avignon 2024

 

Grand sujet, mais on n’arrive pas à être touchés

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Théâtre Au Palace, 16h20, durée : 1h15. Du 29 juin au 21 juillet, relâche les 10 et 17 juillet.

         Le sous-titre de ce spectacle est transparent : « les femmes qui ont fait l’histoire ». Il sera donc question de femmes qui combattent pour leur liberté. On reconnaît bien sûr de grandes figures du combat des femmes : Olympe de Gouges ou Simone de Beauvoir, mais d’autres sont au contraire inconnues comme cette jeune yéménite mariée à 9 ans, qui s’enfuit et fait un procès à son mari. Nous nous demandons souvent si nous devrions connaître le nom de ces femmes, si nous sommes passés à côté de quelque chose ou si l’on nous parle vraiment d’inconnues. On se demande aussi si toutes ces femmes ont réellement existé ou s’il y a une part de fiction, significative et symbolique, dans ces histoires.

Tout semblait réuni pour nous toucher et pourtant, hélas, même si le destin de toutes ces femmes est intéressant, l’émotion a du mal à passer. Peut-être parce que la pièce manque d’un fil directeur pour lier le destin de ces femmes. Nous passons de l’une à l’autre en des tableaux discontinus qui nous perdent un peu, nous sautons d’une histoire à l’autre, d’une époque à l’autre mais aussi d’un pays à l’autre sans lien autre que leur combat. Tout passe vite, trop vite, on n’a pas le temps de s’imprégner de l’histoire de l’une de ces femmes que l’on passe déjà à une autre. Un regret aussi, que le texte soit dit parfois trop vite, ne nous laissant pas le temps d’apprécier à sa juste valeur ce qui peut être dit.

Il n’y a pas de décor, juste quelques objets sans doute pour rendre ces histoires universelles mais on a parfois du mal à se projeter.

Le texte est intéressant, l’idée de rendre hommage aux femmes, à toutes ces femmes prises dans des situations très difficiles, se battant pour faire triompher les droits humains est riche et intéressant, mais le travail demande à être plus abouti afin de pouvoir toucher véritablement son public.

Sandrine

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