Orchestre Régional Avignon-Provence, « Au Coeur de la Russie » (14-10-2026)

Concert d’ouverture à l’Opéra d’Avignon : un triomphe!

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Opéra Grand Avignon (14 octobre 2016).

Modeste Moussorgski : Une nuit sur le Mont Chauve, poème symphonique

Piotr Illich Tchaïkovski : Concerto n°1 en si bémol mineur, op.23 pour piano et orchestre
Alexandre Borodine : Symphonie n°1 en mi bémol majeur

Direction, Samuel Jean ; piano, Alexander Ghindin

Orchestre Régional Avignon-Provence

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Le concert symphonique d’ouverture intitulé «Au cœur de la Russie» était dans le ton de «l’avant-saison» de l’Opéra Grand Avignon dédiée à la Russie avec un projet culturel en partenariat avec la ville de Saint-Pétersbourg. Nous étions d’ailleurs restés sous le charme des ballets qui s’étaient produits il y a quelques jours.

En ce vendredi soir, les grands noms des compositeurs romantiques russes Moussorgski, Tchaïkovski et Borodine – relativement rares à Avignon – ont attiré une foule nombreuse puisque la salle était pleine, preuve que la culture a encore de beaux jours devant elle dès lors qu’une programmation et une tête d’affiche se font attirantes. Programme russe, soliste russe.

A la tête de l’Orchestre Régional étoffé de plus d’un tiers de supplémentaires – portant ainsi l’effectif “Mozart” de trente-sept à cinquante-trois musiciens -, le chef Samuel Jean, comme toujours en très grande forme, a dirigé avec panache et un bel enthousiasme La Nuit sur le Mont Chauve de Modeste Moussorgski. Cette «Nuit» est hallucinée, traversée d’éclairs orchestraux saisissants.

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Alexander Ghindin rejoint ensuite le piano pour interpréter le Premier Concerto en si bémol mineur op.23 de Piotr Illich Tchaïkovski. Né en 1977, ce pianiste a été distingué lors de concours internationaux, Tchaïkovki et Reine Elisabeth. Sa brillante carrière le mène partout dans le monde avec toujours la même aura.  A moins de 40 ans, Alexander Ghidin cumule les récompenses prestigieuses, les concerts avec les plus grands chefs, les orchestres les plus réputés, les solistes les plus sollicités (Berezovsky), les festivals prisés (Chaise-Dieu et Folle Journée, pour ne citer que les français), dans le monde entier et dans les genres les plus divers, jusqu’à Nino Rota par exemple ! Il avait commencé sa carrière en étant le plus jeune finaliste du Xe concours international P.I.Tchaïkovski. Il a également lancé le projet « Musicians for peace » (musiciens pour la paix), une belle carte de visite !

Dès les premiers accords du concerto de Tchaïkovski, le soliste donne d’emblée un rythme soutenu qui ne faiblira pas, sacrifiant un peu l’expressivité de cette magnifique partition superbement soutenue par l’orchestre. Le piano n’était pas le terrain de prédilection de Tchaïkovski mais son concerto qui a connu très tôt un grand succès a toujours eu la préférence du public. Ecrite en 1875, juste avant Le Lac des cygnes, reprise en 1879, puis en 1888, l’oeuvre avait pourtant été dédaignée par son dédicataire… qui en reconnut ultérieurement l’exceptionnelle beauté.

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Le jeu de Ghindin est avant tout une performance. L’artiste se mesure à l’instrument, l’attaque avec la force d’un bûcheron, se joue des difficultés pourtant nombreuses et fait preuve d’une rare vélocité. A la fin du premier mouvement, pris par l’émotion que suscite une telle maestria, les spectateurs ont applaudi les traits brillants du pianiste. La fusion entre le piano et l’orchestre a fait de ce concert un moment exceptionnel. Après l’ovation du public, le soliste offre en bis deux oeuvres, russes également : le Vol du bourdon de Rimsky-Korsakov et un Prélude de Serge Rachmaninov.

En seconde partie de la soirée, la baguette expressive de Samuel Jean met en valeur le jeu remarquable des instrumentistes dans la Première Symphonie d’Alexandre Borodine en mi bémol majeur ; injustement boudée au profit de la suivante, typiquement russe, avec ses accents amples et somptueux, elle n’est pas sans rappeler l’Héroïque de Beethoven, composée quelque soixante ans plus tôt (1805).

Le chef dirige avec un plaisir non dissimulé, communiquant sa formidable énergie et son émotion à l’orchestre. Une longue ovation clôture cette belle soirée avec, en bis, un extrait des Danses Polovtsiennes du Prince Igor d’Alexandre Borodine. (G.ad. et Dany Baychère) (Photos Michel Auberge).

 

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