Die Zauberflöte, au R.O.H. (20-09-2017)

La Flûte enchantée au R.O.H. (20-09-2017) : ouverture de saison très réussie

Voir un autre compte rendu du même événement, par G.ad.

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Logo CLENPR 21-06-17

Mercredi 20 septembre avait lieu l’ouverture de la saison ciné-opéra avec la Flûte Enchantée de Mozart en direct du Royal Opera House Covent Garden de Londres.

Un spectacle exceptionnel par sa qualité scénique et sa jeune distribution, le tout sous la baguette experte et talentueuse de Mme Julia Jones, certainement une des spécialistes de la musique de ce génie qu’est Mozart.

Cette œuvre se situe à mi-chemin entre l’opéra et la comédie musicale, elle exige d’excellents interprètes qui doivent posséder à la fois l’art du chant mais aussi celui du théâtre et plus particulièrement de la comédie.

Le ROH a su réunir ces éléments indispensables qui contribuent à la réussite du spectacle ; quel plaisir d’entendre le public réagir par ses rires et ses applaudissements à chaque scène comique ou satirique !

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Tout cela grâce à une distribution de choix en tête de laquelle il faut citer de manière égale, Sabine Devieilhe une Reine de la nuit jeune brillante sachant maîtrise la tessiture qu’exige le rôle à la fois lyrique et colorature, quelle belle prouesse vocale ! A ses côtés Mauro Peter, un Tamino jeune, vaillant, à la ligne de chant bien contrôlée qui nous a valu des moments de rêve, une véritable leçon de chant, ainsi que Sobhian Stagg (Pamina), un brillant soprano lyrique qui forme le couple aimant totalement crédible par son interprétation mais aussi scéniquement tant ils ont l’âge du rôle.

Mozart a écrit le rôle de Sarastro permettant à la basse de faire valoir tout sa tessiture grave pour donner au personnage tout son sens de Maître et Seigneur mais qui, par des effets de modérato, lui garde tout sa sensibilité et son affectif, Mika Kares a répondu totalement à cette attente.

A ce quatuor il faut ajouter un Papageno de grande classe, comme on aime en avoir dans cet opéra qui manille à la fois le comique et le dramatique, il est le centre de cet opéra, et Rodérick Williams donne à ce personnage tout cette force qui fait que l’on se délecte de son grand art de comédien mais aussi de cette belle voix de baryton qui accentue les effets de cet oiseleur, qui nous amuse et nous chagrine à la fois, c’est si rare d’avoir une telle prestation !

Tout le reste de la distribution est tout aussi exemplaire et méritante, même les plus petits rôles sont de grande envergure.

On a beaucoup apprécié la prestation des trois garçons qui, il faut le souligner, ont l’âge du rôle, leur interprétation est remarquable à la fois vocalement et scéniquement.

Tout ce casting est mené de main de maître par une cheffe, comme je l’ai dit plus haut, exceptionnelle. Elle vit cette musique et en connaît tous les moindre détails, à tel point que cela transparait de manière subtile dans sa direction, elle met en exergue toutes les nuances que Mozart a écrites, et fait de cet opéra un véritable écrin royal.

La mise en scène de David Mc Vicar, les décors, les costumes, enfin toute la production est de très bon goût, avec une note de modernité qui reste dans l’esprit et se fond dans l’ensemble, elle se met au service de l’œuvre, c’est aussi cela qui a permis aux interprètes d’être à l’aise et de pouvoir donner le meilleur d’eux mêmes, comme on aimerait que cela soit souvent le cas de nos jours à l’opéra !

Merci au ROH d’avoir programmé cette belle production et surtout à Fanny Dulau – responsable de la programmation et de la communication – et Emmanuel Luc – directeur du Capitole-Studios -, de nous avoir permis d’en profiter ; comme à chaque fois, vous nous délectez et c’est peu dire, le public nombreux était au rendez-vous ce qui renforce le succès de cette très belle soirée. (J.-L.A. Photo R.O.H.)

 

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