Tout sur… le festival Off d’Avignon 2017

Tout… ou presque sur le OFF 2017 : cap sur la 51e édition

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On a encore fait mieux, ou du moins, on a fait plus ! Encore plus de spectacles cette année. La barre des 1480 est allègrement franchie. L’an dernier déjà nous avions brossé un tableau rapide : .

Cette année, petit fil rouge pour festivaliers novices et/ou Avignonnais occasionnels. Les sirènes du tractage urbain sont séduisantes, parfois insistantes ; au hasard de tel ou tel flyer, on peut tomber sur la perle rare à laquelle on n’aurait jamais pensé succomber, et c’est là le charme du Off, que d’ouvrir tout le champ des possibles. Néanmoins, tout comme en partant sur les routes des vacances on ne s’interdit pas d’emprunter tel ou tel chemin inattendu après avoir prédéfini un itinéraire précis, pour le festival Off aussi on a tout intérêt à se tracer une petite liste hiérarchisée, avant de plonger dans le charme pittoresque de la calade des Teinturiers ou dans la cohue de la rue de la République : ce que l’on doit (ou veut) absolument ne pas rater ; ce que l’on verrait bien, peut-être ; et puis, le reste peut être une grande page blanche.

Ne pas oublier aussi les « délais de route ». Si tout l’intra-muros d’Avignon tient bien dans un mouchoir de poche (en gros, un bon kilomètre d’Est en Ouest et du Nord au Sud, à l’intérieur des 4,6kms de remparts), pendant le festival en revanche tout trajet est multiplié, parfois par 3 ou 4, ralenti que l’on est sans cesse par les badauds, les parades, les tractages, les indécis, et tout simplement par le million de visiteurs (environ 700.000 pour le OFF, 250.000 pour le IN) qui envahissent inopinément la ville pendant 3 semaines. Bien repérer sur un plan les différents théâtres que l’on va rallier, les horaires et les durées des spectacles, et prévoir, outre le temps du déplacement, le temps d’attente (les queues aux guichets peuvent être quelquefois longues, même quand on a réservé, ce qui est presque indispensable).

Quant au choix des pièces, chacun a ses méthodes : ou seulement du répertoire classique, ou de l’américain contemporain, ou du Camus, ou de la danse, de la comédie, de la musique, du cirque, du seul-en-scène (là, on n’a que l’embarras du choix, et du pire comme du meilleur : économie oblige !), du people (on ne cessera de croiser des vedettes dans les rues jour et nuit, et notamment aux terrasses sous les étoiles place des Corps-Saints : éviter de les agresser de selfies !), ou des compagnies qui ont fait un tabac à Paris. Pour les choix thématiques ou génériques – et pour tout le reste -, le programme du Off est LA bible, la seule référence. On le trouve gratuitement à l’Office de tourisme dès le jour d’ouverture du festival (en ligne vers mi-juin sur : http://www.avignonleoff.com ; ou se le faire envoyer contre paiement) ou dans les divers théâtres ; il doit obligatoirement prendre place dans le sac à dos du festivalier – et être totalement froissé, corné, annoté, à la fin du festival -, à côté d’une bouteille d’eau, de pansements anti-ampoules et d’une petite laine – toutes les salles sont climatisées -.

 

Mais quand on ne sait vraiment par où commencer, il faut privilégier les quelque 20 lieux permanents, qui ont une programmation à l’année, gage de qualité, et éviter les garages ou préfabriqués montés juste pour le festival.

  • Pour commencer, les 6 « scènes d’Avignon », Balcon (large programmation, avec des compagnies fidèles, de la musique et des thèmes humanistes), Carmes, Chêne Noir (c’est là qu’on pourra trouver le plus de vedettes), Chien qui Fume – et Petit Chien – (large programmation), Golovine (danse), Halles (engagé et intellectuel).
  • D’autres adresses à ne pas négliger parmi les lieux permanents : les théâtres de l’Artéphile (jolie programmation), de l’Etincelle (des compagnies chinoises à vous couper le souffle), de la Luna et Buffon (spectacles très variés, grand public, souvent de qualité), des Vents (notamment chanson française, mais aussi cette année seul spectacle de musique contemporaine, à découvrir), du Chapeau-Rouge (se laisser tenter), l’Ajmi-Manutention (jazz).

Mais ne pas négliger non plus d’autres lieux qui, n’existant qu’en juillet, ont su depuis des années, se forger une réputation méritée : l’Espace Pasteur et le Collège de la Salle, (spécialisés jeune public), l’Espace Roseau (des spectacles forts et beaux), l’Espace St-Martial (spectacles très variés, dans le temple protestant, tous empreints de valeurs humanistes), de même que la Chapelle de l’Oratoire (spectacles ouvertement chrétiens, de grande valeur souvent ; n’hésitez pas à écouter, dans la beauté de cette petite chapelle du XVIIIe siècle, le chant du hang de Francesco Agnello au cœur de la nuit), le Petit Louvre (quelques pépites ; ne pas oublier d’admirer le lieu), le théâtre du Roi René (quelques bijoux à découvrir, à côté de spectacles moins intéressants – ne pas hésiter à discuter dans les files d’attente : c’est le charme du festival !-), ou des Béliers (quelques pépites à côté de grosses farces) ; le Cour du Barouf (en extérieur, surtout commedia dell’arte).

Et puis il y a des acteurs ou des compagnies, à ne pas manquer : Comédiens et Compagnie (une quinzaine d’acteurs sur scène – rarissime – qui « revisitent » avec une roborative inventivité les grands classiques), ou la cie grecque Vivi (qui joue dans le texte originel Sophocle ou Euripide, sur-titré, dans une performance qui tient de la danse, de l’acrobatie, de la psalmodie, du chant… ; époustouflant, même quand on ne connaît ni alpha ni bêta ; mais elle semble cette année avoir été victime des problèmes économiques dont son directeur nous avait parlé les années précédentes) ; ou Pierrette Dupoyet, auteure-actrice-metteure en scène (son 32e ou 33e festival ;il faudrait l’inventer si elle n’existait pas !) ; ou la metteure en scène Florence Camoin (directrice du théâtre de St-Maur, fille de René Camoin sociétaire de la Comédie-Française ; un travail remarquable) ; le Kronope, cie permanente d’Avignon (masques, loufoquerie, très visuel…) ; ou la cie suisse de danse Interface intelligente, symbolique (Balcon), moins convaincante peut-être cette année.

Ou des spectacles qui m’ont enthousiasmée, tout autant que de très nombreux spectateurs : Victor Hugo, mon amour (correspondance avec Juliette Drouet), un spectacle qui tourne depuis des années avec le même succès ; bouleversant de vérité, de tendresse, de sensualité… (Condition des Soies) ; Pompiers avec William Mesguisch (Balcon).

 

Et si vous n’hésitez pas à franchir le Rhône, Villeneuve en scène vous accueillera, avec une programmation également éclectique.

 

Entre deux spectacles, allez découvrir un cocktail-maison (avec ou sans alcool) proposé par Michel Martin, président-fondateur d’ASSF (Association Actions Solidarités Sans frontières), dont les bénévoles tiennent une buvette solidaire dans 3 lieux (Etincelle, Roseau,…), toutes recettes étant affectées aux actions auprès des enfants en Afrique et Asie. Leur devise : « Une journée sans donner est une journée perdue ». (G.ad.)

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