Patrick Poivre d’Arvor, 2017 : « Je suis un Candide »

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Depuis des décennies, Patrick Poivre d’Arvor (biographie) poursuit une activité multiple, en divers domaines. Il est le parrain du 3e Concours Opéra jeunes espoirs Raymond Duffaut, dont la finale se déroulera en sa présence samedi 30 septembre. Rencontre avec une personnalité médiatique multi-cartes.

-Vous avez travaillé avec Natalie Dessay ou le pianiste Jean-Philippe Collard ; vous avez mis en scène Carmen, Don Giovanni… Quelle place occupe la musique dans votre vie ?

-Capitale. Pourtant je n’ai pas grandi dans un milieu baigné de musique. J’ai découvert le piano puis l’opéra à l’adolescence, et je suis alors « tombé en amour ». Maintenant c’est pour moi un besoin. La musique me rend heureux, on dit qu’elle adoucit les mœurs (sourire), et elle m’enrichit.

-Quel souvenir le plus fort est lié pour vous à l’opéra ?

-Ma première entrée dans une maison d’opéra. J’étais à Prague, j’avais 18 ans, je voyageais en stop, je dormais dans la rue, où je pouvais. En me promenant, je suis passé devant un bâtiment qui affichait pour le soir même Don Giovanni. Quelqu’un m’a dit que c’était justement là que cet opéra avait été créé. Les places n’étaient pas chères, c’était au temps du communisme, en 1987. Je n’ai pas tout vu, parce que j’étais derrière des colonnes, mais j’étais empli de cette musique. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité mettre en scène Don Giovanni, deux fois, en Belgique en 2013, puis en France.

-Comment concevez-vous votre rôle de parrain de ce Concours de jeunes espoirs lyriques ?

-Une des bonnes idées de ce concours, est d’ouvrir la musique au plus large public, pour la demi-finale et pour la finale. Il faut aller chercher d’autres publics que les mélomanes classiques. C’est très bien qu’il y ait des spécialistes dans le jury, mais il faut aussi des Candides.

-Vous vous sentez vous-même Candide ?

-J’ai la modestie de savoir que je ne chante pas, je ne joue pas d’un instrument. Alors oui, je suis un Candide.

-Pensez-vous que la télévision promeut suffisamment la musique classique ?

-Bien sûr que non, compte tenu des horaires de diffusion des opéras. Il faut se souvenir du temps pas si lointain où un Jacques Chancel animait une émission de début de soirée.

-Mais on a tout de même les Victoires de la Musique, ou Musiques En Fête !

-Deux soirées dans l’année, c’est bien peu… (Propos recueillis par G.ad.)

 

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