Marie-Nicole Lemieux, contralto, marraine de Tous à l’Opéra 2017

« Un air pour moi représente l’acte d’amour, si on le prend tout seul, juste l’air… »

x.1. MN. Lemieux. mars 2017. 117 ko

C’est la onzième fois que vingt-et-une maisons d’opéra, dans divers pays d’Europe, ouvrent leurs portes pour l’opération Tous à l’opéra. Après Philippe Jaroussky et Patricia Petibon en 2015 et 2017, Marie-Nicole Lemieux a enregistré à son tour un clip, humoristique évidemment, en tant que marraine de l’édition 2017.

Nous l’avions rencontrée en mars à l’occasion de son concert Rossini à Avignon et de la parution de son CD « Rossini, si, si, si ». Avec sa générosité habituelle, la contralto canadienne nous accorde un nouvel entretien à peine arrivée en France. Sa voix chante… même quand elle ne chante pas, et l’artiste pétille d’une formidable vitalité même quand elle n’éclate pas de rire ! Elle sera ce week-end à Paris, mais aura une petite pensée pour Avignon.

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-Marie-Nicole Lemieux, comment va se passer pour vous cette édition de Tous à l’Opéra ?

-Je suis arrivée aujourd’hui même à midi à Paris. Mais en amont nous avons fait beaucoup de promotion dans la presse papier et sur le net (http://www.tous-a-lopera.fr/). Il est de tradition que le parrain ou la marraine organise un grand événement festif. Pour moi ce sera vendredi soir, dans cet écrin tellement joli qu’est l’Opéra-Comique à Paris. J’aime bien les collègues, les chanteurs, l’opéra. Alors je m’entoure de gens que j’aime. J’ai bien envie de vous dire qui, mais (rire) normalement je devrais garder la surprise…

-Alors, gardez la surprise.

-Je vous dis juste que j’aurai un quatuor vocal : un mezzo, un soprano, un ténor, un baryton. Et surtout Julie Depardieu, qui est une copine, une fan d’opéra. On est de la même génération, et quand on se retrouve on est comme des adolescentes. Quand je suis dans la salle, je m’emporte, je pleure. Elle est comme moi. On avait envie de raconter une histoire amoureuse qui se passe à l’opéra. L’amour, c’est ce qui mène le monde, non ? On a choisi des extraits qui nous plaisent, qui nous touchent. On les a sortis du contexte pour ne garder que ce qu’ils racontent. A travers eux, on va vivre toute une aventure : la rencontre, la première fois, le fait d’être en amour, le jeu de séduction, le désir, la consommation, puis la dispute, la jalousie, la séparation. D’ailleurs, l’opéra, c’est ça, c’est une histoire d’amour. … A l’opéra tout est possible. L’opéra pour nous c’est l’émotion qu’on vit. C’est ce qu’il faut démocratiser. Tant pis si on ne comprend pas, ce qu’il faut c’est ressentir, ressentir une émotion. Ce que je veux, c’est partager les émotions qui me font vivre. Et puis j’aurai avec moi des artistes fantastiques ! En fait, un air pour moi représente l’acte d’amour, si on le prend tout seul, juste l’air… Et pour vous à Avignon, Tous à l’opéra ce sera magnifique aussi, vous aurez une répétition d’Anna Bolena. www.operagrandavignon.fr

-Quel a été votre premier contact à vous avec l’opéra ?

-Moi malheureusement mon contact s’est fait par la télévision. Je dis « malheureusement » parce que vous en France vous êtes toujours à moins de 50 kms d’une maison d’opéra. Au Québec, l’opéra le plus proche était à 400 kms ! C’est à la télévision que j’ai vu Traviata et Bohème et Rigoletto… Ce sont des airs qui m’ont tellement fait pleurer !

-Quelles sont les œuvres qui vous ont le plus marquée et à quel âge ?

-J’avais 10 ans,  c’est une retransmission de Tosca, puis le Faust de Gounod quand j’étais au Conservatoire de Montréal. Et en temps que spectatrice, c’est le Couronnement de Poppée de Monteverdi et Pelléas et Mélisande, que j’ai pu voir en chair et en os.

-C’est auprès des enfants qu’il faut peut-être recruter le public de demain. Si vous deviez vous inciter les enfants à participer à Tous à l’opéra, que leur diriez-vous ?

-Ce que je remarque chez les enfants, c’est qu’ils ne demandent qu’à écouter, qu’à comprendre. C’est aux parents que je dirais : amenez-les ! ça peut être drôle aussi l’opéra. Ils ne verront pas les mêmes choses que nous, mais c’est important aussi. Ma fille, par exemple (9 ans ½, ndlr), est captivée par la mise en scène, l’histoire, les détails…

-Un dernier mot pour cette opération 2017 de Tous à l’Opéra ?

-Allez-y, juste pour faire un tour, et vous verrez….

-Vous-même, que chantez-vous sous la douche ?

-(éclat de rire) Tout. Je chante tout selon mon humeur… (Propos recueillis par G.ad., mai 2017)

 

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