Les Noces de Figaro à la Scala, Welser-Möst/ Wake-Walker (2-11-2016)

Couleurs et vigueur

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Ciné-opéra. Mercredi 2 novembre à 19H45, Capitole-Studios, Le Pontet (84), en direct de La Scala de Milan, 26 octobre-27 novembre 2016.

Les Noces de Figaro, Mozart.

Direction, Franz Welser-Möst ; mise en scène, Frederic Wake-Walker ; décors et costumes, Antony McDonald ; lumières, Fabiana Piccioli.
Carlos Alvarez, Comte Almaviva ; Diana Damrau, Comtesse Almaviva ; Markus Werba, Figaro ; Golda Schultz, Suzanne ; Marianne Crebassa, Chérubin ; Andrea Concetti, Bartholo/ Antonio ; Kresimir Spicer, Don Basilio/ Don Curzio ; Marceline ; , Barbarine.

Orchestre & Chœurs du Teatro alla Scala

Nouvelle production. Durée 3h45, deux entractes inclus

Diffusion par www.all-opera.com.

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Oublions les décors plombants, qu’ils soient sombres et quasi monochromes (I et IV), ou d’une triste verticalité (II), même avec fresques dans le goût du XVIIIe siècle. Oublions les cinq petites coquilles du sous-titrage réalisé par Deverbis-Milan. Oublions les figurantes en noir mi-danseuses mi-poupées mécaniques dont la symbolique a échappé à la plupart des spectateurs.

Retenons les traits d’humour, les anachronismes, les clins d’œil…

Saluons la mise en scène, tonique, dynamique, du jeune Anglais Frederic Wake-Walker, qui redonne toute leur saveur et toute leur force aux situations rocambolesques et aux relations complexes entre les personnages. Saluons l’excellente distribution, homogène, équilibrée, talentueuse, chacun témoignant d’une exceptionnelle présence scénique et vocale. Markus Werba d’abord, aux médiums charnus et aux fulgurances de ténor dramatique, en Figaro joyeusement subversif, sensible et fin, pourtant presque boudé à l’applaudimètre milanais ; le baryton autrichien de 43 ans au physique de grand adolescent fréquente Mozart depuis ses débuts (1998), en Papageno maintes fois mais aussi ponctuellement en Almaviva. La sud-africaine Golda Schultz, en charmante Suzanne, espiègle et raisonnable, voix veloutée et claire, séduisante en diable, même avec ses « r » parfois un peu appuyés (IV). Diana Damrau, aussi lumineuse que ses yeux clairs, malgré ses froufrous blancs et ses perruques choucroutées aussi peu seyants les uns que les autres ; Diana Damrau en épouse amoureuse et digne, formidable actrice au jeu mouvant, toujours juste, et une voix toujours aussi cristalline ; on se réjouit de retrouver cette Provençale d’adoption, après son forfait en Traviata cet été aux Chorégies. L’Espagnol Carlos Alvarez en comte décadent, dernier acteur d’un monde qui meurt, personnage complexe au jeu vocal et scénique idoine. C’est la jeune Montpellérienne Marianne Crebassa (Chérubin) qui s’est attiré les faveurs légitimes du public, avec un jeu plein de délicatesse dans un rôle toujours dangereux ; son « Voi che sapete… » pouvait tirer des larmes aux plus récalcitrants. A moins de 30 ans, la jeune mezzo au timbre léger et profond a conquis en quelque six années un public de mélomanes et programmateurs exigeants.

Les seconds rôles ne sont pas en reste, tant Marceline que Bartholo ou Barberine.

Quant au chef mozartien Franz Welser-Möst, inexplicablement hué par une partie du public de la Scala, il a su donner à la partition ses couleurs multiples, et sa vigueur chaleureuse, tout juste 225 ans après la mort du compositeur.

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C’était le premier direct de la saison 2016-2017 dans de nombreuses salles obscures partout dans le monde, mais la dernière production de la saison 2015-2016 de la Scala, la saison milanaise s’ouvrant traditionnellement le jour de la Saint-Ambroise, le 7 décembre.

Le public a pris goût aux retransmissions opératiques et chorégraphiques, et le Capitole-Studios, avec ses bonus (tombola avant le direct, dégustation de champagne et chocolats au 1er entracte), se place fièrement, cette fois encore, sur le podium de tête. Le multiplex pontétien affiche en effet le 2e meilleur score de France, avec 210 personnes en salle, juste derrière Troyes (CGR Ciné-City, 247 spectateurs) et devant Voiron (La Mail, 175).

Prochain rendez-vous : Tristan & Isolde, Daniele Gatti/ Pierre Audi, dimanche 27 novembre, en direct de Rome, durée 5h20. (G.ad. Photos Web)