(Le) Chanteur de Mexico, Benetti/Duparc (30-12-2016)

La page est tournée, et bien tournée, depuis le créateur du rôle

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Le Chanteur de Mexico. Opérette à grand spectacle en deux actes et quinze tableaux. Livret de Félix Gandera et Raymond Vincy. Couplets de Raymond Vincy et Herbert Wernert. Musique de Francis Lopez. (Editions et productions théâtrales Chappell représentées par les Editions Alphonse Leduc).

En co-production avec l’Opéra de Toulon Provence-Méditerranée et l’Opéra de Reims

Direction musicale, DIDIER BENETTI. Direction des chœurs, AURORE MARCHAND. Etudes musicales, HÉLÈNE BLANIC. Mise en scène, JACQUES DUPARC. Chorégraphie, ERIC BELAUD. Décors, CHRISTOPHE VALLAUX. Costumes, ROSALIE VARDA. Lumières, PHILIPPE GROSPERRIN.

Cri-Cri, JULIE MORGANE ; Eva, CAROLINE MUTEL ; Madame Bornin / Tornada, JEANNE-MARIE LÉVY

Vincent, FLORIAN LACONI ; Bilou, CLAUDE DESCHAMPS ; Cartoni, JACQUES DUPARC ; Zapata, GILEN GOICOECHEA ; Bidache / Le grand magicien, ANTOINE BONELLI ; Miguelito, KEVIN LÉVY ; Pablo / Aguiro, FRANCK LICARI ; Atchi ; MATHIEU FERNANDEZ ; Le Présentateur, JEAN-FRANÇOIS BARON ; Un Basque, CYRIL HERITIER ; Un Vendeur de journaux, SAEID ALKHOURI ; Un Soldat, XAVIER SEINCE.

ORCHESTRE REGIONAL AVIGNON-PROVENCE

CHŒUR DE L’OPÉRA GRAND AVIGNON

BALLET DE L’OPÉRA GRAND AVIGNON 

Les chaussures ont été créées et fournies par la maison Pompeï (Paris) et les espadrilles proviennent de la maison Don Quichosse (Mauléon).

L’Opéra Grand Avignon remercie l’éditeur de tissus « Toiles de Mayenne » pour son aimable collaboration dans le tableau Saint-Jean-de-Luz.

Les robes ont été confectionnées avec les tissus « Maylis », « Sonia », « Barbara » et « Ratplan ».

Site www.toiles-de-mayenne.com. Boutique sur Avignon : Les Olivades, 56, rue Joseph Vernet – 84000 – Avignon

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Un triomphe ! Une salle debout, de longs, très longs applaudissements, pour cet excellent spectacle de fin d’année.

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L’imposante carène, promesse de tous les exotismes, et l’immense squelette articulé – une réussite – sont revenus. Paillettes, couleurs flamboyantes, lumières somptueuses de Philippe Grosperrin, costumes éclatants de Rosalie Varda, allégresse, « au son des rythmes tropicaux »… on ne change pas un spectacle qui gagne !

Sept ans plus tard, je persiste dans mes compliments d’alors pour cette production de Jacques Duparc : http://www.resmusica.com/author/gallene-dewulf/

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Mais, plus encore qu’alors, ce Chanteur brille par une totale osmose entre chanteurs – un plateau renouvelé, dont tous méritent égal hommage -, danseurs – chorégraphe et interprètes se sont régalés, et ont régalé le public -, artistes des chœurs – dont plusieurs en solistes -, orchestre… et techniciens. Florian Laconi (voir par ailleurs notre entretien ici) nous confirmait en effet le travail important des artistes de l’ombre, dans une production à grand, très grand spectacle, avec des décors impressionnants, des structures mobiles, des modules nombreux… Jacques Duparc n’a vraiment pas lésiné sur l’écrin !

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On se rappelle l’histoire : Vincent Etchebar (Florian Laconi, belle prise de rôle), un jeune ténor, gagne à St-Jean-de-Luz un concours de chant qui lui permettra peut-être de tutoyer les étoiles. Et parmi elles, Eva Marchal (la charmante Caroline Mutel, excellente à contre-emploi en pimbêche capricieuse), une diva brièvement croisée sur la côte basque. D’étape en étape, Vincent, accompagné de son faire-valoir Bilou (Claude Deschamps, le fantaisiste, plébiscité à l’applaudimètre), montera à Paris, puis deviendra une vedette à Mexico, aux côtés de la diva, grâce à la défection du rôle-titre. Entre-temps, il aura connu les petits boulots, rêvé dans les langueurs d’Acapulco et sera devenu otage de la rébellion de Zapata (Gilen Gicoechea, belle basse colorée). Il reviendra enfin à ses premières amours, la charmante poulbote Cri-cri (Julie Morgane), qui l’aura sauvé de la mort…

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Comédie musicale française, traitée à l’américaine, le Chanteur est une suite de tableaux tous plus brillants les uns que les autres. Du cocasse, de la drôlerie, du sentiment, de l’action (un Franck Licari irrésistible en agent de l’ombre), le Chanteur ne cesse de rebondir en plus de trois heures de magie scénique. Avec un tempo vigoureux, et un orchestre reconfiguré – cordes restreintes, mais avec piano et percussions renforcées -, le chef Didier Benetti a offert une solide respiration à cette œuvre qu’il avait déjà dirigée ici même. Et comme on ne peut guère échapper aux bis, il a choisi d’économiser la scie de « Mexiiiicoooo », et de concocter un pot-pourri final tressant en guirlande tout ensemble «  Rossignol de mes Amours, Acapulco, Il est un coin de France, Maïtechu, Quand on voit Paris d’en haut, Quand on est deux amis… ».

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La page est tournée, et bien tournée, depuis le créateur du rôle. Il ne suffirait plus aujourd’hui, fût-ce à Luis Mariano, de promener avec nonchalance sur deux mètres carrés son sourire enjôleur et sa voix de velours, auréolé d’un immense sombrero blanc. Aujourd’hui les voix lyriques sont aussi des comédiens, des acteurs polyvalents, voire des danseurs. Ils occupent l’espace scénique, pour un spectacle total… Le plateau de cette production en a donné une brillante démonstration, en totale synergie avec l’éblouissant Ballet de l’Opéra Grand Avignon, qui trouvait là un terrain de premier choix. (G.ad., photos Cédric Delestrade ACM-Studios).