(L’)Auberge Cheval-Blanc, Conti/Gervais, à Marseille (24-02-2019)

On a l’béguin…

190224. Auberge. progr.

Odéon de Marseille (24 février 2019)

Direction musicale Bruno CONTI. Chef de chant Caroline OLIVÉROS. Mise en scène Jack GERVAIS. Assistant mise en scène Sébastien OLIVÉROS. Chorégraphie Estelle LELIÈVRE-DANVERS. Décors Théâtre de l’Odéon. Costumes Maison Grout

Josepha Jennifer MICHEL ; Sylvabelle Charlotte BONNET ; Clara Priscilla BEYRAND ; Kathy Perrine CABASSUD

Léopold Grégory BENCHENAFI ; Bistagne Antoine BONELLI ; Guy Florès Marc LARCHER ; Piccolo Lothaire LELIÈVRE ; Célestin Vincent ALARY ; L’Empereur Claude DESCHAMPS ; Le Professeur Hinzelmann Dominique DESMONS ; Le Garde général des forêts Michel DELFAUD ; Le Cook / Le Guide Jean GOLTIER

Orchestre du Théâtre de l’Odéon

Choeur Phocéen

Danseurs : Laura Delorme, Malory de Lenclos, Mylène Mey, Laia Ramon ; Evgeny Kupriyanov, Serge Malet, Gérald Neeb, Sullivan Paniagua

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Truculence et bonhomie sont la signature de cette Auberge du Cheval-Blanc, qui régale deux salles bondées, le samedi et le dimanche ; les éclats de rire fusent, le public interpelle les acteurs, on frôle le karaoké, on est en pleine opérette marseillaise. Un comble pour une opérette allemande de 1930, passée par Mogador deux ans plus tard après avoir été toilettée par un librettiste français, et réduite à deux actes en 1968 par Jean Valmy et Paul Bonneau ! A Marseille, on peut compter d’ailleurs sur Antoine Bonelli pour se mettre (légitimement) le public dans sa poche ; dans un costume qui lui permet de multiplier les effets, sous le nom de Bistagne (on ne fait pas plus buccorhodanien !), en contrepoint dérisoire de la « patronne », il justifie pleinement l’opérette, intemporelle et joyeuse.

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Bruno Conti, qui dirigera également la Grande-Duchesse de Gerolstein au mois de mai imprime un tempo tonique aux 13 musiciens dans la fosse, 17 choristes, 8 danseurs et 13 solistes. Sur scène, danseurs à la plastique conquérante, chanteurs et comédiens se partagent l’espace et parfois la spécialité, assurant ainsi l’heureuse homogénéité de cet univers bigarré.

Dans cette auberge – qu’elle soit finalement tyrolienne, marseillaise ou espagnole -, on se croise, on se séduit, on se dispute, on tisse la trame de vies… qui n’ont rien de réel. Dans un décor kitsch, auquel on ne pouvait déroger au risque de lèse-public, les nationalités et les époques se téléscopent, tout comme les personnages, peignant un tableau où seul le plaisir a d’importance. De vraies figues historiques (François-Joseph) croisent des faux empereurs (Napoléon Bistagne) ; tous ces genoux masculins délicieusement dénudés (Bavière oblige) rivalisent de courbettes, et les fantaisistes en rajoutent à l’envi.

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Pas facile, sans doute, de pousser le contre-ut ou de placer un vibrato quand on est emporté par la foule virevoltante, en valse, ou danse hassidique de Rabbi Jacob (un peu bâclée ici, alors qu’Ilan Zaoui l’avait réglée au millimètre près) qui ne peut que faire mouche. Quelques aigus déraillent un peu et se répercutent dans l’écho des cimes des Alpes. Mais qu’importe ? Les voix sont fleuries comme les pâturages de montagne (Charlotte Bonnet), fruitées et généreuses comme la cuisine de Josepha (Jennifer Michel), piquantes comme la vanité ostentatoire de Célestin (Vincent Alary), nuancées comme les roucoulades du maître d’hôtel Léopold (Grégory Benchenafi), charmantes comme toutes ces donzelles, zozotantes (Priscilla Beyrand) ou non (Perrine Cabassud), qui trouveront finalement une moitié à leur convenance.

Un savoureux moment de convivialité partagée dans une auberge où l’on tient table largement ouverte. (G.ad. Photos Christian Dresse)

 

 

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