Karine Deshayes, mezzo-soprano, août 2018

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Si elle n’a pas d’autre attache dans la région Provence que des amis de ses parents près de Roussillon, et des souvenirs lumineux des stages de chant à Oppède quand elle avait une vingtaine d’années, Karine Deshayes se produit souvent dans la région, entre Avignon, les Chorégies d’Orange (un récital en 2018), Marseille (La Donna del Lago, de Rossini, en novembre 2018), Saint-Tropez (été 2018) ou le Luberon, le 6 août 2018 aux Carrières des Taillades dans le cadre du 30e Festival d’été des Musicales du Luberon. C’est à cette occasion que nous rencontrons la (mezzo ?)-soprano au rire aussi clair que ses vocalises. Les deux mezzos offriront le même récital à la chapelle du Méjan à Arles le dimanche 3 février 2019.

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-Karine Deshayes, on suit régulièrement votre brillante carrière, de chanteuse lyrique, ou récitaliste ; comment a germé le projet de ce duo « Deux mezzos sinon rien » ?

-Delphine [Haidan, NDLR] et moi étions amies à la Sorbonne, en musicologie, puis nous nous sommes suivies au Conservatoire. Mais, sans occasions de nous retrouver ensemble sur scène, nous avons imaginé ce concert de « Deux mezzos sinon rien ». Quand on est amies, il y a des choses qui sont évidentes, qui se comprennent sans se parler. D’autant que nous sommes toutes les deux instrumentistes : Delphine alto, moi violon. Notre duo vocal – elle alto, moi soprano – est à l’image de nos instruments.

-On vous dit pourtant toutes deux « mezzo soprano ».

En fait moi j’ai une voix plus aiguë, Delphine plus grave. Il existe des œuvres qui sont plus aiguës dans l’écriture, d’autres pour voix plus graves, plus sombres, et quelques airs pour voix égales.

-Quel type de répertoire comporte ce récital au joli nom « Deux mezzos sinon rien » ?

-Il y a un vrai répertoire de mélodies françaises que j’aime beaucoup (l’opéra Grand Avignon a invité plusieurs fois Karine Deshayes dans ce répertoire, NDLR) : Fauré, Gounod, Chausson, Delibes, Saint-Saëns. Il y a également un répertoire allemand de lieder, dont Delphine, germanophone, est plutôt spécialiste. Et du Mozart, aussi, qui écrit « pour deux voix féminines », à une époque où la catégorie de mezzo n’existait pas. Et Berlioz, Tchaïkovski… Des airs d’opéra, et même des mélodies de Rossini.

-Justement, deux jours plus tard (8 août 2018, NDLR), vous participerez toutes les deux, dans le même festival des Musicales du Luberon, à la fameuse Petite Messe de Rossini. Comment caractériser Rossini ?

La première chose qui vienne en tête, ce sont les vocalises. C’est toujours très bien écrit pour la voix, une très belle ligne de chant, c’est là la signature de Rossini. Il tire toujours les chanteurs vers les extrêmes dans ses opéras, mais c’est moins vrai pour la Petite Messe, où la partition de soprano par exemple n’est pas très aiguë.

-Aviez-vous déjà chanté cette messe ?

Jamais. Je n’avais interprété que le Stabat mater. Pour Delphine, la Petite Messe ce n’est pas nouveau ; pour moi, voyez-vous, c’est une première (rire).

-On connaît le jeu de mots de Rossini entre « musique sacrée et sacrée musique ». Qu’en pensez-vous ?

Tout est facile d’accès chez Rossini. Ce n’est qu’un jeu de mots, il ne faut pas y chercher autre chose.

-Vous étiez mezzo ; or on vous entend de plus en plus dans des rôles de soprano…

En fait la voix évolue d’elle-même, il faut la laisser faire ; quand la voix est saine, elle évolue. Mais il ne faut pas la forcer, sinon on ne tiendra pas longtemps. (G.ad.)

 

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