Florian Sempey, baryton, 2015/2016

x.3.Florian Sempey-© Pierre Virly (Petrus). 53 ko             Florian Sempey réalise son rêve à Avignon dans Lucia

Le jeune baryton bordelais (28 ans) brûle les planches. Finaliste ou lauréat de plusieurs concours prestigieux, il enchaîne déjà de beaux rôles sur des scènes internationales. Le public l’a découvert en 2013, nommé « Révélation Artiste Lyrique » aux Victoires de la Musique classique. Il fait dimanche 24 avril ses débuts à Avignon, et dans le rôle d’Enrico, le frère de Lucia de Lammermoor.

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-Votre agent annonce cette semaine : « Florian Sempey réalise un rêve en Avignon ». Expliquez-nous.

-Ce rôle, j’en rêvais, depuis très longtemps. Depuis tout petit, j’avais vu Carmen et Lucia, bien avant le Barbier. Je l’avais fait enregistrer par mes parents, et je me le passais en boucle. J’étais émerveillé, tout me fascinait : les voix, l’orchestre, les costumes, les choristes… L’histoire se passe dans une Ecosse mystérieuse, et j’ai toujours été passionné par les légendes arthuriennes.

-Parlez-nous du rôle d’Enrico.

-La plupart du temps, les Enrico ont plus de 40 ans. Or il est jeune, 25 ans environ ; il a même 15 ans dans le roman de Scott qui a inspiré l’opéra. Pour le chanter, il faut jouer sur le côté guerrier et brillant dans la voix. Il faut pouvoir remplir la salle avec les harmoniques. Il n’y a pas plus brillant dans le bel canto. Enrico, ce n’est pas un vieux machin avec un gros vibrato. Il faut le chanter comme c’est écrit : des petites appoggiatures, des vocalises… Pour cela, la direction de Roberto (Rizzi-Brignoli, NDLR) est parfaite ; il me montre d’ailleurs certains aspects que je n’avais pas vus. Car il y a toujours à découvrir. Ce rôle me passionne. Il est dans un univers que j’adore.

-Y a-t-il des rôles qui vous aient forgé auparavant ?

-Papageno, bien sûr, à mes débuts. C’était à Bordeaux en 2010. Puis le Barbier, toujours à Bordeaux. C’est un rôle qui me suivra, puisque je vais le chanter à Rome, puis à Covent Garden, et en 2017-2018, je n’ai que des Barbier, à Marseille, à Luxembourg…

-Vous riez beaucoup ; vous semblez avoir le sens de l’humour…

-J’aime rire. Plus l’œuvre est dramatique, plus on se marre en coulisses. Il faut se charger en énergie. On doit se protéger, éloigner l’émotion.

-Si vous aviez un conseil à donner à un jeune qui voudrait suivre vos traces ?

-Prends tout ce qu’il y a à prendre, laisse tout ce qu’il y a à laisser. Notre meilleur maître c’est nous-même. Personne d’autre n’est dans notre pensée, dans notre corps. Nous sommes seul en nous-même. Il faut se donner soi-même la détermination, savoir ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas. On peut se planter, bien sûr, mais on le fait royalement, parce qu’on l’a choisi. (Propos recueillis par G.ad. Photo Pierre Virly (Petrus)).

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