Berezovsky à La Roque d’Anthéron

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Le grand Berezovsky clôture brillamment le festival

de La Roque d’Antheron avec le Concerto de Grieg

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Avec un orchestre danois conduit par un chef finlandais, les conditions sont réunies pour aborder sereinement les sonorités nordiques et romantiques de Grieg dans l’ouverture de concert En Automne, op 11. Cette œuvre de jeunesse est  interprétée par l’Orchestre d’Odense placé exceptionnellement sous la direction d’un jeune chef de 33 ans, Kalle Kuusava, Alexander Vedernikov, le chef titulaire, ayant été contraint d’annuler ses concerts pour des raisons de santé.

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Arrive sur scène celui que le public attendait et dont, dès 1988, le New-York Times écrivait « c’est un artiste exceptionnellement prometteur, d’une virtuosité éblouissante, doté d’une énergie formidable ». Boris Berezovsky est l’un des plus prestigieux pianistes actuels, sinon le plus grand. Ses concerts mobilisent un public fidèle qui aime l’homme pour sa  simplicité et l’artiste pour son exceptionnelle virtuosité.

Les 73 musiciens permanents qui composent l’orchestre n’ont probablement pas eu le temps de répéter suffisamment avec le soliste, aussi le piano est-il placé face au chef d’orchestre, manifestement pour que le pianiste et le chef puissent  facilement dialoguer.

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Lorsque Berezovsky se met à jouer, la magie opère. Que ce soit Schumann, Liszt, Rachmaninov, ou Grieg ce soir, il nous entraîne dans son univers fait d’harmonie et de passion. Maîtrisant la grande complexité pianistique de l’œuvre, le pianiste souligne la beauté de la ligne mélodique ; avec une articulation d’une extrême virtuosité, l’artiste ne sacrifie jamais la finesse de son jeu sur l’autel de la brillance. Ce qui frappe, c’est le regard appuyé du pianiste vers le premier violon. On comprend très vite que c’est entre eux que tout se joue. Après le second mouvement du Concerto de Grieg joué en bis, c’est le soliste qui donne le signal du départ, entraînant avec lui le premier violon et tout l’orchestre. Boris Berezovsky a prouvé encore ce soir qu’il n’est pas qu’un grand pianiste mais un grand, très grand musicien.

La Seconde Symphonie de Brahms jouée en seconde partie n’a, elle, pas convaincu. Rarement cette symphonie a aussi peu mérité son nom de « Pastorale de Brahms ». Kalle Kuusava ose des contrastes qu’on y entend rarement. C’est sur une note de gaieté que s’est terminée cette belle soirée avec La Danse Hongroise n°1 en sol mineur de Brahms donnée en bis. (D.B.   Photos Christophe Grémiot).