Verdi, Rigoletto, La Traviata

Giuseppe Verdi (1813-1901),

Nabucco (1842), Luisa Miller (1849),

Rigoletto (1851), La Traviata (1853)

Considéré comme le plus grand compositeur lyrique italien, Joseph-Fortunin-François Verdi reçut ses premières leçons par un prêtre de la paroisse, et la première musique qu’il entendit fut celle de la petite église de son village où il était enfant de chœur. A l’âge de 11 ans, on l’envoya à l’école de Busseto, où il fut remarqué par Antonio Barezzi, un riche marchand, qui le prit chez lui et lui fit suivre un enseignement musical, notamment auprès du Maître de Chapelle de l’Eglise San Bartolomeo. Celui-ci l’envoya en 1832, au Conservatoire de Milan, mais il n’y fut pas admis. En 1836, Verdi épouse la fille de son bienfaiteur, Margherita Barezzi, mais son bonheur fut de courte durée, car en deux ans (1838-1840), il perdit sa femme et ses deux enfants. En 1839, son premier opéra, Oberto, Comte di San Bonifacio, obtient à la Scala de Milan un tel succès que le Directeur Merelli signe un contrat à Verdi pour trois autres ouvrages. Composé parmi les « tourments les plus affreux », son deuxième opéra, Un Giorno di Regno, créé à la Scala de Milan à la fin de 1840, est un échec total.

Désespéré, Verdi songe à abandonner la composition. Pourtant Merelli continue de croire en lui, poussé par sa compagne à l’instinct très sûr, Giuseppina Strepponi, la célèbre cantatrice. Un jour, il lui apporte le livret de Nabucco. Et c’est le coup de foudre. La Strepponi donne son accord pour chanter le principal rôle féminin et la création a lieu à la Scala de Milan le 9 mars 1842. Un triomphe sans précédent qui fait de Verdi un héros national grâce au vent de liberté qui souffle à travers ses plus belles pages. L’Italie a enfin trouvé le compositeur dont les préoccupations morales, politiques et esthétiques correspondent aux plus profondes aspirations populaires. Dès lors, il ne cesse de composer pour la scène jusqu’en 1871. Dans Rigoletto (1851), Il Trovatore et La Traviata (1853), il s’attache aux personnages hors norme, mis au ban de la société. La nouvelle ambition affichée avec I Vespri Siciliani, Simone Boccanegra, Un Ballo in Maschera et La Forza del Destino s’épanouit dans Don Carlo (1867), grand opéra à la française d’après Schiller.

Après Aida (1871) et le Requiem (1874) qu’il compose pour le premier anniversaire de la mort du grand poète et patriote Alessandro Manzonni, Verdi couronne sa production par deux chefs-d’œuvre shakespeariens : Otello (1887) et Falstaff (1893). A cette prodigieuse production lyrique, s’ajoutent six pièces sacrées, diverses mélodies et romances, un Quatuor pour deux violons alto et violoncelle, deux hymnes et quantité d’œuvres de jeunesse inédites.

Il mourut presque nonagénaire, ayant atteint une renommée internationale, qu’aucun compositeur

peut-être n’avait eue avant lui. Aujourd’hui encore et pas seulement en Italie, le nom de Giuseppe

Verdi est synonyme d’art populaire au sens le plus noble du terme.

 

Nabucco (1842)

Nabucco – opéra en quatre actes, livret de Temistocle Solera, créé à la Scala de Milan, le 9 mars 1842.

L’action se situe à Jérusalem et à Babylone, en 556 avant Jésus-Christ.

Ouverture : celle-ci est assez conventionnelle, employant les thèmes que l’on entendra par la suite, en particulier ceux des chœurs.

 

La Traviata (1853)

La Traviata – opéra en trois actes, livret de Francesco Maria Piave, d’après la pièce d’Alexandre Dumas, La Dame aux camélias, créé à La Fenice de Venise, le 6 mars 1853.

L’action se déroule à Paris et aux alentours.

Duo Violetta / Germont : « Madamigella Valerie… »

A l’acte 2, Germont-père demande à Violetta un grand sacrifice : quitter Alfredo. En effet sa sœur doit se marier et cette liaison lui porte préjudice. Il faut définitivement y mettre un terme.

Prélude du 1er acte : il commence par une orchestration allégée et raffinée, racontant l’histoire de l’héroïne dans l’ordre chronologique inversé : déclin, amour et insouciance.

Air de Germont : « Di Provenza il mar, il suol… »

A l’acte 2, cet air intervient après que Germont, le père d’Alfredo, a convaincu Violetta de se séparer de celui-ci. Il se retrouve alors seul avec son fils.

Air de Violetta : « E strano, sempre libera… »

A l’acte 1, après le départ d’Alfredo et des autres invités, Violetta songeuse, avoue que pour la première fois elle est amoureuse, mais sa joie est de courte durée, elle change de ton et se demande si l’amour existe pour une femme comme elle, de petite vertu.

 

Luisa Miller (1849)

Luisa Miller – opéra en trois actes, livret de Salvatore Cammarano, d’après la pièce de Schiller, Kabale and Liebe, créé au Teatro San Carlo à Naples, le 8 décembre 1849.

L’action se passe au Tyrol, dans la première moitié du XVIIIe siècle.

Ouverture : Verdi commence par une de ses plus belles ouvertures, issue d’une seule cellule thématique, dont l’écho réapparaîtra ensuite dans l’opéra.

 

Rigoletto (1851)

Rigoletto – opéra en trois actes, et un prologue, livret de Francesco-Maria Piave, d’après Le Roi s’amuse de Victor Hugo. Créé à La Fenice de Venise, le 11 mars 1851.

L’action se situe à Mantoue au XVIe siècle.

Air de Rigoletto : « Pari siamo… »

Au second tableau de l’acte 1, Rigoletto rencontre de nuit, dans une ruelle, un homme sinistre. C’est Sparafucile, tueur à gages, qui a flairé un bon client. Rigoletto le renvoie, mais non sans avoir gardé son offre en mémoire. Cet homme lui ressemble : il manie le poignard comme lui-même manie sa langue. Mais que peut un nain difforme, sinon faire rire.

Duo Gilda / Rigoletto : « Figlia, mio Padre…Veglia oh donna… »

A l’acte 1, Rigoletto recommande à sa servante, Giovanna, de surveiller attentivement sa fille, Gilda. Celle-ci tente de dissiper ses craintes dans un tendre duo.

Air de Gilda : « Gualtier maldè…caro nome… »

A l’acte I, le Duc se présente sous les traits d’un étudiant nommé Walter Maldé. Ce dernier se jette aux pieds de Gilda et lui déclare son amour. Après son départ, Gilda répète rêveusement son nom en chantant « Caro nome che il mio cor… » (nom bien-aimé qui est dans mon cœur).

Air de Rigoletto : « Cortigiani, vil razza dannata… »

A l’acte 2, Rigoletto vient chercher sa fille car il a compris le complot dont il a été victime. Il se tourne vers la foule qui se moque de lui et l’invective, et chante « Gens de cour, race vile et damnée »

Duo Gilda / Rigoletto : « Tutte le feste al tiempo…si vendetta… »

A l’acte 2, après ce précédent air, le père et la fille se retrouvent seuls. Elle lui raconte son histoire, comment le beau jeune homme, qui la suivait depuis l’église s’est fait passer pour un étudiant pauvre alors qu’il était le Duc.