Puccini, Suor Angelica (1918)

Giacomo Puccini (1858-1924)

 Issu d’une lignée de musiciens et de compositeurs, Giacomo Puccini fréquente le séminaire avant d’entrer à 15 ans à l’Institut Musical de Lucques. Son professeur, Angeloni, l’initie à la musique de Verdi. Il assiste en 1876, à Pise, à la représentation d’Aida. Subjugué, il décide de devenir compositeur et entre au Conservatoire de Milan. Grâce à une bourse d’études obtenue par sa mère auprès de la Reine Marguerite, et au soutien de son oncle, il poursuit ses études musicales sous la direction de Bazzini et de Ponchielli.

Il écrit sa première œuvre orchestrale à l’âge de 18 ans, Prélude Symphonique, et compose la Messa di Gloria en 1880. En 1883, il quitte le Conservatoire. Ponchielli l’encourage alors à tenter une carrière lyrique. Puccini écrit son premier opéra, Le Villi (1884), qui n’obtient pas un grand succès. Remanié par Boito, librettiste de Verdi, l’œuvre recueille un triomphe lors de sa première représentation. Puccini signe alors un contrat avec Giulio Ricordi, l’éditeur de Verdi : c’est le début d’une longue collaboration.

La mort de sa mère, en 1884, l’affecte profondément. Peu après, il séduit la femme de l’un de ses amis ; l’affaire fait grand bruit dans la ville de Lucques. Il ne se mariera avec Elvira qu’en 1904.

Sa seconde composition, Edgar, est jouée en avril 1889, n’obtenant aucun succès.

En 1893, Puccini s’inspire du roman de l’Abbé Prévost et compose alors Manon Lescaut. L’opéra est créé presque en même temps que le Falstaff de Verdi, et remporte un succès international, permettant ainsi au compositeur d’être perçu comme le successeur de Verdi. Ce statut sera confirmé avec La Bohème, résultat de trois années de travail avec les librettistes Illica et Giacosa. Le trio fonctionnera jusqu’à la mort de Giacosa, en 1906.

En 1889, Puccini assiste à la nouvelle pièce de Victorien Sardou, La Tosca, dans laquelle Sarah Bernhardt le subjugue. Il compose alors son opéra qui est à nouveau un triomphe, même si la violence qui s’en dégage suscite des critiques en France.

Commence ensuite pour Puccini une période moins heureuse : il essuie son premier échec avec Madama Butterfly, sifflé le soir de sa création à la Scala de Milan. L’opéra ne triomphera qu’après que Puccini l’eut révisé.

La Fanciulla del West, créé à New-York et dirigé par Toscanini, présente une richesse orchestrale et harmonique sans égales dans l’œuvre de Puccini ; quant à La Rondine, composé pour le Carl Theater de Vienne, ce sera un échec.

Il crée ensuite Il Trittico (1918), composé de Il Tabarro, Suor Angelica et Gianni Schicchi, trois opéras en un acte aux sujets contrastés. Le succès est mitigé, même si le troisième ouvrage, Gianni Schicchi, est porté aux nues.

Puccini connaît alors de sérieux ennuis de santé, car apparaissent les premiers symptômes d’une tumeur à la gorge. Il se met cependant à écrire Turandot (1924) qui, toutefois restera inachevé. Il meurt le 29 novembre 1924 à Bruxelles de suites cardiaques, dues à son cancer de la gorge, sans pouvoir terminer son opéra, qui le sera par Franco Alfano.

Puccini a influencé nombre de compositeurs : à une époque où les milieux musicaux français le traitaient de populaire, Ravel analysait pour ses rares disciples Tosca, qu’il tenait pour un chef-d’œuvre, comme le raconte dans ses souvenirs le chef d’orchestre et compositeur Manuel Rosenthal.

Suor AngelicaAir d’Angelica : « Senza mamma » (1918)

Opéra en un acte de Puccini, livret de G.Forzano.

Cette œuvre fut créée au Metropolitan Opera de New-York, le 14 décembre 1918.

L’action se déroule dans un couvent au XVIIIe siècle.

Air de Suor Angelica : « Senza Mamma ». Angelica a eu un fils qui lui a été enlevé à la naissance et qu’elle n’a pu embrasser qu’une seule fois. Angelica implore sa tante de lui donner de ses nouvelles, la réponse tombe, impitoyable : il y a deux ans, l’enfant est mort. Il ne reste plus rien à Angelica qui s’effondre en sanglots et chante Senza Mamma.