La IXe de Beethoven aux Chorégies 2017

Instruments parfaits, relative déception pour L’Hymne à la joie

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Théâtre antique d’Orange. 16 juillet 2017.

IXe Symphonie avec chœurs, en ré mineur, opus 125 de Beethoven (1824)

Direction musicale, Myung Whun Chung

Orchestre Philharmonique de Radio France

Chœur de Radio-France ; chef de chœur, Nicolas Fink

Ricarda Merbeth, soprano ; Sophie Koch, mezzo-soprano ; Robert Dean Smith, ténor, Samuel Youn, basse

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Il est des soirs d’été magiques, et certains des concerts des Chorégies en font partie. Douceur de l’air, léger souffle après le mistral des jours précédents.

Chung dirige sans partition une œuvre dont il connaît la moindre nuance, avec une légèreté qui n’appartient qu’à lui et une vigueur précise et délicate. Une simplicité et une fluidité qui tient de l’évidence, et qui étaient peut-être celle du compositeur lors de la création.

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Après un premier mouvement presque solennel et méditatif (allegro ma non troppo), le scherzo molto vivace éclate dans toute sa célébrissime notoriété, mais dans un éclat distingué. L’adagio permet d’apprécier chaque pupitre, avant l’explosion conclusive de « L’Hymne à la joie ».

Moment attendu que cette arrivée des voix, qui peut faire basculer toute une soirée et toucher au sublime. Ce ne sera pas le cas ce soir-là, car le ténor (Robert Dean Smith) peine à faire miroiter les couleurs de son timbre, et la soprano (Ricarda Merbeth), comme le ténor de Rigoletto (Celso Albeli), a préféré brailler quelques suraigus pour surnager. Tout comme les soprani du chœur, débordés peut-être par l’enthousiasme, qui n’ont guère distillé de nuances. Se croyaient-ils encore au pied de la Tour Eiffel où le chœur de Radio-France avait animé deux jours plus tôt le concert du 14 juillet ; concert bienvenu pour ceux qui n’entrent pas dans le lyrique par la grande porte – au moins les 2.000 spectateurs ont-ils entendu quelques grands airs servis par de belles voix (dont Nadine Sierra, la Gilda de la semaine précédente aux Chorégies) -, un peu clinquant pour les puristes.

Mais oublions la Tour Eiffel. Cette « IXe » mythique a suscité des réactions très diverses, de la satisfaction polie à l’enthousiasme affirmé. Pour ma part, impressionnée par toute la partie instrumentale, je décerne des lauriers mitigés aux voix, choristes et solistes, hors la mezzo Sophie Koch et la basse Samuel Youn, qui ont rempli leur contrat.

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Sur le mur de scène étaient projetées les belles images de la Frise Beethoven peinte par le Viennois Gustav Klimt, dont les téléspectateurs ont pu profiter également le mercredi 2 août en deuxième partie de soirée sur France 3, vers 22h50, grâce à Morgane production. (Texte et photos, G.ad.).

 

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