La Flûte enchantée, ballet de Maurice Béjart (16-7-2018)

A garder dans les mémoires

x.SCan. couvert. progr. 59 ko        x.scan Flûte. 107 ko

 La Flûte enchantée. Théâtre Antique d’Orange, Lundi 16 juillet à 21h45. Durée : 2h50

Béjart Ballet Lausanne

Musique, Wolfang Amadeus Mozart. Bande sonore : Orchestre Philharmonique de Berlin sous la direction de Karl Böhm (1964)

Chorégraphie, Maurice Béjart. Décors et costumes, D’après les plans originaux d’Alan Burrett, création des costumes, Henri Davila ; création des lumières, Dominique Roman

Ballet créé au Cirque royal, Bruxelles, 10 mars 1981

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La bande sonore n’a pas tenu toutes ses promesses ; invitant un Larsen inopportun en début de représentation, elle a été quelque peu ringardisée par un ballet étonnant de modernité et de fraîcheur. Un tempo alangui, des voix comme lissées dont n’émergeait guère que le magnifique Sarastro (Franz Crass), aux basses aussi étourdissantes que la présence charismatique de son double scénique, soulignaient combien même les enregistrements de référence – et c’en était un – peuvent vieillir, et nos oreilles s’habituer à d’autres esthétiques.

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En revanche, le Béjart Ballet Lausanne, créé en 1987 et dirigé par Gil Roman, a vraiment offert, selon les mots de Maurice Béjart, des mots toujours jeunes et actuels, « une féerie qui nous emporte dans la poésie pure de l’enfance ou du génie, ensuite, et surtout, un rituel précis, rigoureux, inspiré ». « Cela peut sembler une étrange entreprise, poursuit-il, que celle de faire danser un opéra dans son intégralité, mais d’une part (et je l’ai souvent expérimenté) la voix humaine est le plus merveilleux support pour la danse, d’autre part le geste chorégraphique transcende le réalisme et prolonge la pensée subtile de la phrase musicale ».

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En effet. Poétique, vigoureux, parfois comique (le feu follet Papageno – Masayoshi Onuki, un vrai lutin malicieux – était un univers à lui seul, de délicatesse et de drôlerie), élégant (sublime Pamina, Kathleen Thielhelm), sombre à souhait (inquiétante Reine de la Nuit, Elisabeth Ros), magistral (Sarastro, Javier Casado Suàrez), dégoulinant de duplicité (Monostatos, Michelangelo Chelucci), pétillants (3 clowns): la longévité de cette œuvre chorégraphique signe son exceptionnelle qualité, traduisant avec la même pertinence le conte de fées (le public des Chorégies avait brutalement rajeuni !) et le conte initiatique, avec symboles maçonniques appuyés.

Au moment même où l’opéra de Mozart revenait au festival d’Aix-en-Provence, la précision, la fantaisie de cette version dansée est à garder dans les mémoires (G.ad. Photos Philippe Gromelle).