Francis Lopez (1916-1995), Le Chanteur de Mexico (1952)

Francis Lopez (1916-1995)

D’origine basque, c’est par hasard, en raison de la guerre, que Francis Lopez naît à Montbéliard le 15 juin 1916. Ayant perdu son père à l’âge de 5 ans, Francis Lopez, après avoir suivi des études à Pau, « monte à Paris » pour y entreprendre des études de médecine, pour devenir dentiste comme son père. Bon pianiste amateur, il joue le soir dans les cabarets ou les bars du Quartier Latin, afin de payer en partie ses études, mais sans toutefois envisager une carrière musicale.

Il est mobilisé en septembre 1939, dès le début de la guerre, et c’est à l’occasion de la préparation de la fête de Noël de son unité qu’il compose ses premières chansons. Blessé en 1940 et revenu alors à la vie civile, il s’installe à Paris tout en continuant de composer. Ses mélodies et chansons obtiennent rapidement un très grand succès. Il fait la connaissance d’André Dassary, basque comme lui, qui travaille avec le chef d’orchestre et arrangeur Raymond Legrand. En 1942, il obtient un succès considérable avec quatre chansons interprétées par l’orchestre de Raymond Legrand : Le rat des villes et le rat des champs, Perrette, Jim et Refrain sauvage qui obtiendra le Grand Prix du Disque.

A partir de ce moment, il enchaîne succès sur succès, avec des interprètes prestigieux comme Lucienne Delyle, Léo Marjane, Maurice Chevalier, Tino Rossi, mais aussi Georges Guétary, alors débutant dans la variété, qui interprète Caballero, Robin des bois, A Honolulu, chansons qui sont alors sur toutes les lèvres.

A la fin de 1945, sa première opérette, La Belle de Cadix, sur un livret de Raymond Vincy, a pour vedette un chanteur presque inconnu, Luis Mariano, et c’est un triomphe. Le spectacle créé au Casino Montparnasse, devait être joué pour une cinquantaine de représentations ; il tiendra deux ans !

Le trio formé par Raymond Vincy, Francis Lopez et Luis Mariano va dominer l’opérette pendant plus de vingt ans. Il composera opérette sur opérette, presque toutes pour Mariano. Seront ainsi successivement produites Andalousie (1947), Monsieur Bourgogne (1949), Le Chanteur de Mexico (1951), Le secret de Marco-Polo (1959) ou encore Le Prince de Madrid (1967), qui totalisera cinq cent cinquante-trois représentations. Il y aura encore La Caravelle d’Or (1969) que Luis Mariano ne pourra mener à bon port. Georges Guétary sera l’interprète de Don Carlos et le trio Bourvil, Guétary et Annie Cordy, ceux de La Route Fleurie. Quant à Tino Rossi, il sera la vedette de Méditerranée qui sera aussi un triomphe. En 1969, Rudy Hirigoyen fait triompher en province Viva Napoli, avant une reprise couronnée de succès, à Mogador à Paris, en 1970. Enfin, Gipsy et Les Trois Mousquetaires, ses dernières productions, seront créées au Théâtre du Châtelet.

Autant de pièces, autant de succès, autant de triomphes.

A propos du Chanteur de Mexico

« Mexico ! Mexi….iii……co ! »

Qui n’a pas chanté ce refrain dans une fête de famille, une fin de banquet bien arrosé ou encore un karaoké de quartier ?

Cette mélodie de Francis Lopez a traversé plus d’un demi-siècle…

Créée en 1952, au Théâtre du Châtelet à Paris avec Luis Mariano et Dario Moreno, cette comédie-musicale-opérette a battu les records d’affluence avec plus de mille représentations !

S’enchaîneront des mélodies qui seront autant de tubes : «Rossignol de mes amours… », « Quand on est deux amis !… », « Quand il me prend dans ses bras…çà m’fait quequ’chose… », ou encore « Maïchechu… ».

Le succès de ce divertissement est également dû à son orchestrateur, Paul Bonneau, qui souligne avec beaucoup de couleurs, les rythmes de la musique mexicaine, entre trompettes et maracas !

Le Chanteur de Mexico marque sans aucun doute le sommet de l’opérette à grand spectacle.  Francis Lopez connaissait déjà le succès avec des comédies musicales comme Quatre jours à Paris, créée en 1948, ou encore La Route Fleurie en 1952, avec Guétary, Bourvil et Annie Cordy, spectacle qui restera quatre ans à l’affiche.

Le Chanteur de Mexico est avant tout une invitation au voyage… Cet ouvrage nous transporte du Pays Basque à Paris. Puis, on traverse l’océan ! On débarque dans le Golfe du Mexique à Veracruz ; on visite Acapulco, le désert mexicain, les forêts aztèques et la capitale Mexico.

L’histoire n’est qu’un prétexte à une multitude de tableaux dans une multitude de rythmes et de multiples mélodies.

J’ai essayé pour cette nouvelle production du Chanteur de Mexico, de faire revivre les grandes heures du Châtelet, en restant fidèle à l’ouvrage et à sa musique.

Je voudrais emporter les spectateurs dans trois heures de rêve, avec des couleurs et des rythmes qui leur donnent envie de danser toute la nuit en buvant de la téquila !… (Jacques Duparc)

Argument

En 1911, au cours de la saison balnéaire de Saint-Jean-de-Luz, un jeune basque, Vincent Etchebar, chanteur dans la chorale luzienne, danseur de fandango et coqueluche des filles de la région, fait la connaissance d’une divette d’opérette, Eva Marchal, qui ne trouve pas désagréable d’ébaucher avec lui un flirt de vacances.

Et, la saison terminée, Vincent, qui ne rêve plus qu’à devenir, lui aussi, une vedette de théâtre, se décide de tenter sa chance à Paris, en compagnie de Bilou, son inséparable ami d’enfance.

Mais il n’est pas si facile de conquérir la capitale. Aucun imprésario ne veut prendre la peine d’écouter Vincent. Eva, elle-même, a déjà oublié son amoureux de Saint-Jean-de-Luz. Et c’est ainsi que, devenus peintres en bâtiment pour gagner leur vie, Vincent et Bilou font la connaissance de Cri-Cri, une petite « poulbote », surnommée « la môme Pigalle ». C’est grâce à Cri-Cri que Vincent triomphera dans un concours d’amateurs, au Moulin de la Galette, et qu’il obtiendra un engagement pour le Mexique.

Devenu à la suite de ce concours de circonstances, partenaire d’Eva Marchal, Vincent va se trouver entraîné, en compagnie de Cri-Cri et de Bilou, dans une extraordinaire aventure. Tous nos personnages se retrouveront successivement dans un palace de Mexico, au bord du Pacifique, sur la magnifique plage d’Acapulco, dans une posada indienne, ou encore au camp du terrible Zapata, le libérateur des territoires indiens. Après bien des péripéties, tantôt angoissantes, tantôt comiques, le voyage au Mexique se terminera pour le mieux, dans l’ambiance joyeuse et ensoleillée du marché aux fleurs de Mexico.